Tendinite / insuffisance du tendon tibial postérieur
La tendinite du tendon tibial postérieur est une inflammation et/ou une dégénérescence du tendon situé sur la face interne de la cheville. Si elle n’est pas traitée précocement, elle peut évoluer vers une insuffisance du tendon tibial postérieur, une affection pouvant entraîner un pied plat acquis et des difficultés à la marche.
Causes et facteurs de risque
1. Surmenage et traumatismes
– Station debout prolongée ou activité physique intense (par exemple course, sauts).
– Mauvaise biomécanique du pied provoquant une surcharge du tendon.
– Microtraumatismes répétés ou traumatismes directs de la cheville ou du pied.
2. Anomalies structurelles et anatomiques
– Pieds plats, qui augmentent la contrainte exercée sur le tendon.
– Voûte plantaire excessivement souple, qui affaiblit le soutien du pied.
3. Affections dégénératives et systémiques
– Âge : le tendon s’use naturellement avec le temps.
– Arthrite, qui affecte la stabilité du pied.
– Diabète sucré et obésité, qui augmentent le risque de dégénérescence tendineuse.
Symptômes
1. Tendinite du tendon tibial postérieur (stade initial)
– Douleur le long de la face interne de la cheville et du pied.
– Sensibilité et œdème à la face interne de la cheville.
– Difficulté à soulever le talon (par exemple en se mettant sur la pointe des pieds).
2. Insuffisance du tendon tibial postérieur (stade avancé)
– Affaissement progressif de la voûte plantaire (pied plat acquis de l’adulte).
– Douleur s’étendant à la face externe de la cheville en raison du déséquilibre.
– Difficulté à marcher ou à rester debout longtemps.
– Déformation du pied.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur :
– Un examen clinique, au cours duquel la mobilité et la force du tendon sont évaluées.
– Single Heel Raise Test : l’incapacité à réaliser ce test suggère une atteinte du tendon.
– Une échographie ou une IRM, afin d’identifier une éventuelle rupture ou dégénérescence tendineuse.
Prise en charge et traitement
1. Méthodes conservatrices (pour les cas légers à modérés)
– Repos et éviction des activités intenses.
– Cryothérapie (glace pendant 15 à 20 minutes, 3 à 4 fois par jour) pour réduire l’inflammation.
– Médicaments anti-inflammatoires (ibuprofène, naproxène) pour réduire la douleur.
– Utilisation de chaussures spécialisées ou de semelles orthopédiques.
– Semelles avec soutien de la voûte plantaire pour réduire la pression sur le tendon.
– Utilisation d’une orthèse ou d’une botte de marche dans les cas sévères pour une immobilisation temporaire.
– Physiothérapie et exercices de renforcement
– Étirements du tendon tibial postérieur et des muscles du mollet.
– Exercices excentriques pour renforcer la résistance du tendon.
– Exercices d’équilibre et de stabilisation du pied pour une meilleure répartition du poids.
2. Traitements mini-invasifs (si la situation ne s’améliore pas)
– Injections de PRP (Platelet-Rich Plasma), qui favorisent la cicatrisation du tendon.
– Injection de cortisone : à utiliser avec prudence, car elle peut fragiliser le tendon.
3. Traitement chirurgical (dans les cas sévères d’insuffisance)
Lorsque le tendon présente une dégénérescence importante ou une rupture, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.
Prévention
– Éviter la surcharge excessive du pied, surtout lors d’activités sportives.
– Porter des chaussures adaptées avec un bon soutien de la voûte plantaire.
– Étirements réguliers et exercices de renforcement pour maintenir la résistance du tendon.
– Contrôle du poids corporel afin de réduire la pression sur le tendon et la voûte plantaire.
Quand consulter le podologue
– Si la douleur persiste pendant plus de 2 semaines malgré le repos et le traitement conservateur.
– En cas de déformation progressive du pied ou de difficulté à marcher.
– Si la douleur affecte votre quotidien et vos activités.
– Si vous ressentez une faiblesse ou une instabilité à la marche ou lors de la montée sur la pointe des pieds.
La tendinite du tendon tibial postérieur est une affection qui peut être prise en charge efficacement si elle est diagnostiquée tôt. Aux stades précoces, les traitements conservateurs favorisent la récupération, tandis que dans les cas plus avancés, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.


